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Une exposition maçonnique à ne pas manquer à Strasbourg

1 Nov

À l’occasion du 200e anniversaire de la fondation de la loge « historique » de Strasbourg en 1811, le Musée Historique de la Ville de Strasbourg et Les Frères Réunis ont souhaité faire découvrir la vie de la Franc-maçonnerie strasbourgeoise au XIXe siècle. L’exposition Les Frères Réunis à Strasbourg, une loge maçonnique engagée présente, avec une scénographie très réussie, un important fonds maçonnique… resté dans l’ombre des réserves depuis des décennies. C’est donc une collection complètement inconnue jusque-là que peut découvrir le visiteur. Collection variée comprenant bien sûr de beaux spécimens de décors et de bijoux maçonniques mais aussi des éléments de mobiliers (un superbe plateau de vénérable, peut-être « XVIIIe » ? Une « cathèdre » Retour d’Égypte, des « colonnes »… ) ainsi qu’une large variété de documents : patentes, certificats (un rare et remarquable diplôme de 90e de Misraïm de 1822 signé des Bedarrides eux-mêmes), tableaux de loges et ouvrages imprimés (plusieurs grands imprimeurs strasbourgeois appartenaient à la loge). La plupart de ces pièces proviennent du legs Paul Gerschel, l’histoire de cette donation et en soit émouvante. En 1871, le plus jeune membre de la loge, forcée de fermer ses travaux par l’annexion de l’Alsace, aurait été chargé de conserver, en vue de jours meilleurs, le patrimoine de l’atelier. Passée ensuite à son fils, lui aussi probablement maçon, la collection est finalement donnée à la Ville de Strasbourg.

L’exposition fait l’objet d’un très beau catalogue et d’un numéro spécial des Chroniques d’Histoire Maçonnique (n°69)

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Un beau bijou de haut grade retrouvé… à Bruxelles

21 Oct
L’équipe du Musée de la Franc-maçonnerie de Paris s’est rendue – « en corps constitué » ! (conférenciers, conservation…) – à Bruxelles pour une rencontre avec l’équipe du Musée Belge de la Maçonnerie le Week-end dernier. Nous reviendrons sur cette sympathique et importante visite qui illustre les liens étroits entre nos deux Musées. Nous voudrions présenter aujourd’hui une pièce découverte au détour d’une vitrine rue de Laeken. Il s’agit d’un bijou du grade de Chevalier Kadosh datant probablement du début du XXe siècle. Les Musées sont souvent fiers, à juste titre, de leurs pièces les plus anciennes… Mais les objets du XXe siècle peuvent aussi être des témoignages tout à fait intéressants des évolutions de la Franc-maçonnerie. Bien que nous n’ayons malheureusement pas cette pièce dans nos collections à Paris (« snif » comme on lirait dans une BD belge!), nous connaissions fort bien ce bijou. Il orne en effet le portrait « maçonnique » d’André Lebey, le Grand Orateur du Grand Collège des Rites dans les années 1920. Auprès du Grand Commandeur Camille Savoire, André Lebey fut un des artisans du « réveil » des hauts grades rue Cadet dans l’Entre-deux-guerres. Non que ceux-ci aient disparus, mais ils étaient entrés dans une sorte de léthargie et n’étaient plus que des « honneurs maçonniques » dont on revêtait les Frères méritants. Aidé de Lebey, Camille Savoire va remettre au travail les Chapitres et Conseils et complètement réorganiser le Suprême Conseil du Grand Orient de France. Ce beau bijou témoigne du dynamisme retrouvé des hauts grades dans les années 1920. Lebey, qui est aussi un des grands collectionneurs d’objets maçonniques de cette époque, avait probablement choisi ce bijou avec soins.