Archive | Les archives RSS feed for this section

Une grande exposition sur le Frère Casanova

30 Sep

La BnF a eu l’opportunité d’acquérir le splendide manuscrit, écrit en français, de l’Histoire de ma vie de Giacomo Casanova (né à Venise en 1725, mort à Dux, en Bohême en 1798). Pour célébrer cet événement, elle vient d’annoncer la tenue d’une grande exposition « Casanova, la passion de la Liberté » qui se tiendra du 15 novembre 2011 au 19 février 2012… à vos agendas !

Homme des Lumières par excellence, Casanova a bien sûr été maçon. Il le relate dans ses mémoires. Mais on sait moins qu’il y a aussi écrit quelques unes des lignes les plus profondes sur la Franc-maçonnerie. Profitons de l’occasion pour rappeler ce beau texte :

« Un respectable personnage, que j’ai connu chez M. de Rochebaron me procura la grâce d’être admis parmi ceux qui voient la lumière. Je suis devenu franc-maçon apprenti. Deux mois après, j’ai reçu à Paris le second grade et quelques mois après la maîtrise […] Il n’y a pas d’homme qui parvienne à savoir tout ; mais tout homme doit aspirer à tout savoir. Tout jeune homme qui voyage, qui veut connaître le grand monde, qui ne veut pas se trouver inférieur à un autre et exclu de la compagnie de ses égaux dans le temps ou nous sommes, doit se faire initier dans ce que l’on appelle la Franc-maçonnerie, quand ce ne serait que pour savoir au moins superficiellement ce que c’est. Il doit cependant faire attention à bien choisir la loge dans laquelle il veut être installé, car malgré que la mauvaise compagnie ne puisse agir en loge, elle peut cependant s’y trouver, et le candidat doit se garder des liaisons dangereuses. Ceux qui ne se déterminent à se faire recevoir maçon que pour parvenir à savoir le secret peuvent se tromper, car il peut leur arriver de vivre cinquante ans maître maçon sans jamais parvenir à pénétrer le secret de cette confrérie. Le secret de la maçonnerie est inviolable par sa propre nature, puisque le maçon qui le sait ne le sait que pour l’avoir deviné. Il ne l’a appris de personne. Il l’a découvert à force d’aller en loge, d’observer, de raisonner et de déduire. Lorsqu’il y est parvenu, il se garde bien de faire part de sa découverte à qui que ce soit, fût-ce à son meilleur ami maçon puisqu’il n’a pas eu le talent de le pénétrer, il n’aura pas non plus celui d’en tirer parti en l’apprenant oralement. Ce secret sera donc toujours secret. Tout ce qu’on fait en loge doit être secret ; mais ceux qui par une indiscrétion malhonnête ne se sont pas fait un scrupule de révéler ce qu’on y fait n’ont pas révélé l’essentiel. Comment pouvaient-ils le révéler s’ils ne le savaient pas S’ils l’avaient su, ils n’auraient pas révélé les cérémonies. » (Casanova, Histoire de ma vie, Paris, Robert Laffont, 1993, collection « Bouquins », T.I, p. 553.)

http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_expositions/f.casanova.html

Nous reviendrons au moment de l’exposition sur le parcours maçonnique de Casanova qui présente quelques points intéressants.

(A suivre…)

Publicités