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Les voyages initiatiques d’un franc-marin

23 Déc

Après avoir vogué vers des contrées lointaines, Corto Maltese, le franc-marin le plus réputé du 9e art, jette l’ancre en l’hôtel Cadet à partir du 15 février et ce, jusqu’au début de l’été 2012.

Par le biais de présentation d’objets particulièrement variés (objets rituéliques, aquarelles, ouvrages, photographies, etc.) ces nouvelles aventures feront voyager les visiteurs entre l’Europe Celtique, Venise la mystérieuse, l’Afrique magique et sur le territoire des Indiens d’Amérique. Ces échappées mettront en avant les cultures et traditions ésotériques qui inspirèrent Hugo Pratt, père du fameux navigateur, et qui ponctuent l’ensemble de son oeuvre picturale.

Cependant, c’est également un pan personnel de la vie du dessinateur qui sera dévoilé, puisque c’est son engagement maçonnique, débuté en 1976 à la loge Hermès de Venise, qui sera mis en lumière avec de multiples témoignages attestant de son parcours initiatique durant près de vingt ans.

Affiche de l’exposition « Corto Maltese et les secrets de l’initiation »

L’intérêt pour les groupes initiatiques s’engageant dans une démarche de recherche personnelle et humaniste, a finalement mené Hugo Pratt à suivre le programme dessiné par ce petit épigramme de 1744 :

« Pour le Profane, un Franc-maçon

Sera toujours un vrai problème

Qu’il ne saurait résoudre à fond

Qu’en devenant Maçon lui-même »

Le but de l’exposition est donc de donner un éclairage nouveau sur l’ensemble des ordres initiatiques offrant la possibilité d’un effort d’intériorité, qu’ils soient maçonniques ou non.

Des visites guidées, des conférences et des projections animeront les 5 mois de l’expostion « Corto Maltese et les secrets de l’initiation : imaginaires et franc-maçonnerie à Venise autour de Hugo Pratt« .

Exposition : 15 février – 15 juillet 2012

Horaires :

Du Mardi au Vendredi :10h-12h30 / 14h-18h

Samedi : 10h-13h / 14h-19h

Entrée du musée + exposition temporaire : 6€ (tarif plein) , 4€ (tarif réduit)

Renseignements : www.museefm.org et www.facebook.com/cortomusee

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Les énigmes du célèbre tableau sur l’initiation

18 Nov

Le musée expose dans ses vitrines un tableau mettant en scène une initiation maçonnique. La lecture débute sur la partie inférieure droite, remonte du même côté, reprend au premier plan central avant de conclure à l’arrière plan gauche. C’est à la fin d’un voyage chaotique à la rencontre de chacun des quatre éléments (terre, air, feu et eau) que le profane, épaule dénudée et cœur offert à nu, est conduit les yeux bandés à l’entrée du temple pour être reçu franc-maçon. Cependant, hormis quelques incohérences, des allégories mystérieuses parsèment cette scène donnant un aspect énigmatique à cette toile. Il en va ainsi de la présence d’une jeune femme allongée langoureusement dans l’herbe et devant laquelle s’arrête le récipiendaire ; ses mains levées et légèrement écartées indiquent sa surprise de trouver sur son chemin cette personne. Pour certains, elle pourrait évoquer la tentation essayant de détourner l’homme sage de son avancée. Cependant, la posture de cette femme n’est pas sans rappeler la sculpture de Houdon représentant Marie-Madeleine allongée et méditant sur sa couche dans la grotte de Marie-Madeleine à Sainte Beaume. Patronne des corporations des Compagnons, Marie-Madeleine est le symbole du pêcheur qui en méditant et en œuvrant sur lui-même peut atteindre la Lumière. Elle fut d’ailleurs, la première à recevoir cette lumière en apercevant le Christ ressuscité bien avant les apôtres. Par la présence de cette figure féminine, ne pourrait-on voir une mention symbolique liant les deux ordres, opératif et spéculatif ? Reste encore à découvrir le sens du franc-maçon en tablier de maître accompagnant le profane et levant un gourdin menaçant…

Une exposition exceptionnelle sur les liens entre l’art et le symbole

12 Nov

Si vous passez à Strasbourg voir la belle exposition sur la Franc-maçonnerie dont nous avons parlée il y a quelques jours, ne manquez pas d’aller aussi visiter la manifestation organisée par le Musée d’Art Moderne et Contemporain (MAMCS). Sous le titre « L’Europe des Esprits ou la fascination de l’occulte 1750-1950 », elle explore les liens anciens entre l’art et l’occultisme. En effet, de William Blake aux Surréalistes, nombre d’artistes se sont intéressés aux « sciences secrètes » et leurs œuvres en ont été profondément marquées. Symboles et symbolisme jouent un rôle central dans cette perspective. La volonté de saisir l’humain au delà des apparences propre à l’artiste rencontre ici la quête de la face cachée de l’homme entreprise par les mages, médiums ou théosophes. « Il y a quelque chose qui vient de tellement plus loin que l’homme et qui va tellement plus loin aussi » écrivait ainsi André Breton. La fascination pour l’irrationnel et l’obscur, qui semble aussi vieille que l’humanité, s’est particulièrement exprimée dans l’art. C’est cependant, de façon apparemment paradoxale, au moment où la science des Lumières a prétendu éclairer le monde de façon rationnelle que sont apparues avec les premiers romantiques des réactions spiritualistes. Goethe cherchait à percer les mystères de la matière vivante et des couleurs. Novalis parle d’art magique et perçoit l’artiste comme un voyant. Une importante séquence est bien sûr consacrée aux artistes « symbolistes » du XIXe siècle, mais la partie la plus stimulante est certainement celle traitant de l’Art du XXe siècle. Nombre des fondateurs de l’« Art moderne »  – Piet Mondrian, Paul Klee, Kandinsky… – ont fréquenté des groupes initiatiques ou ont été influencés par divers enseignements ésotériques. Présentant près de 500 œuvres de plus de 150 artistes, l’exposition est absolument superbe. Une petite critique cependant, sous le vocable d’ « Occulte » sont réunies des sensibilités et des doctrines finalement très différentes : quoi de commun entre les sorcières de Shakespeare, le spiritisme et la subtile théosophie de Jacob Boehm ou de Saint-Martin ? Le visiteur pourra découvrir deux pièces maçonniques relatives à la loge de la Haute Maçonnerie Egyptienne de Cagliostro et au Convent des Philalèthes. Rappelons en conclusion que l’appellation de « surréalisme » est définie pour la première fois en 1917 dans la correspondance entre Apollinaire et son ami Paul Dermée, un poète maçon qui deviendra un des dignitaires du Grand Collège des Rites du Grand Orient de France.

http://www.musees.strasbourg.eu/uploads/documents/presse/Europe%20des%20esprits/DP-EDE-0408visuels_bd.pdf