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Une exposition exceptionnelle sur les liens entre l’art et le symbole

12 Nov

Si vous passez à Strasbourg voir la belle exposition sur la Franc-maçonnerie dont nous avons parlée il y a quelques jours, ne manquez pas d’aller aussi visiter la manifestation organisée par le Musée d’Art Moderne et Contemporain (MAMCS). Sous le titre « L’Europe des Esprits ou la fascination de l’occulte 1750-1950 », elle explore les liens anciens entre l’art et l’occultisme. En effet, de William Blake aux Surréalistes, nombre d’artistes se sont intéressés aux « sciences secrètes » et leurs œuvres en ont été profondément marquées. Symboles et symbolisme jouent un rôle central dans cette perspective. La volonté de saisir l’humain au delà des apparences propre à l’artiste rencontre ici la quête de la face cachée de l’homme entreprise par les mages, médiums ou théosophes. « Il y a quelque chose qui vient de tellement plus loin que l’homme et qui va tellement plus loin aussi » écrivait ainsi André Breton. La fascination pour l’irrationnel et l’obscur, qui semble aussi vieille que l’humanité, s’est particulièrement exprimée dans l’art. C’est cependant, de façon apparemment paradoxale, au moment où la science des Lumières a prétendu éclairer le monde de façon rationnelle que sont apparues avec les premiers romantiques des réactions spiritualistes. Goethe cherchait à percer les mystères de la matière vivante et des couleurs. Novalis parle d’art magique et perçoit l’artiste comme un voyant. Une importante séquence est bien sûr consacrée aux artistes « symbolistes » du XIXe siècle, mais la partie la plus stimulante est certainement celle traitant de l’Art du XXe siècle. Nombre des fondateurs de l’« Art moderne »  – Piet Mondrian, Paul Klee, Kandinsky… – ont fréquenté des groupes initiatiques ou ont été influencés par divers enseignements ésotériques. Présentant près de 500 œuvres de plus de 150 artistes, l’exposition est absolument superbe. Une petite critique cependant, sous le vocable d’ « Occulte » sont réunies des sensibilités et des doctrines finalement très différentes : quoi de commun entre les sorcières de Shakespeare, le spiritisme et la subtile théosophie de Jacob Boehm ou de Saint-Martin ? Le visiteur pourra découvrir deux pièces maçonniques relatives à la loge de la Haute Maçonnerie Egyptienne de Cagliostro et au Convent des Philalèthes. Rappelons en conclusion que l’appellation de « surréalisme » est définie pour la première fois en 1917 dans la correspondance entre Apollinaire et son ami Paul Dermée, un poète maçon qui deviendra un des dignitaires du Grand Collège des Rites du Grand Orient de France.

http://www.musees.strasbourg.eu/uploads/documents/presse/Europe%20des%20esprits/DP-EDE-0408visuels_bd.pdf

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Une exposition maçonnique à ne pas manquer à Strasbourg

1 Nov

À l’occasion du 200e anniversaire de la fondation de la loge « historique » de Strasbourg en 1811, le Musée Historique de la Ville de Strasbourg et Les Frères Réunis ont souhaité faire découvrir la vie de la Franc-maçonnerie strasbourgeoise au XIXe siècle. L’exposition Les Frères Réunis à Strasbourg, une loge maçonnique engagée présente, avec une scénographie très réussie, un important fonds maçonnique… resté dans l’ombre des réserves depuis des décennies. C’est donc une collection complètement inconnue jusque-là que peut découvrir le visiteur. Collection variée comprenant bien sûr de beaux spécimens de décors et de bijoux maçonniques mais aussi des éléments de mobiliers (un superbe plateau de vénérable, peut-être « XVIIIe » ? Une « cathèdre » Retour d’Égypte, des « colonnes »… ) ainsi qu’une large variété de documents : patentes, certificats (un rare et remarquable diplôme de 90e de Misraïm de 1822 signé des Bedarrides eux-mêmes), tableaux de loges et ouvrages imprimés (plusieurs grands imprimeurs strasbourgeois appartenaient à la loge). La plupart de ces pièces proviennent du legs Paul Gerschel, l’histoire de cette donation et en soit émouvante. En 1871, le plus jeune membre de la loge, forcée de fermer ses travaux par l’annexion de l’Alsace, aurait été chargé de conserver, en vue de jours meilleurs, le patrimoine de l’atelier. Passée ensuite à son fils, lui aussi probablement maçon, la collection est finalement donnée à la Ville de Strasbourg.

L’exposition fait l’objet d’un très beau catalogue et d’un numéro spécial des Chroniques d’Histoire Maçonnique (n°69)